World forum Lille: faire du social et du business, c’est compatible, la région veut le prouver

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Mohamed Yunus et Tony Meloto, "Les deux papes du Social Business"

SoBizHub. Le nom n’est pas très élégant, mais c’est une première en Europe. Présenté hier soir en clôture du World Forum, devant Muhammad Yunus, inventeur du microcrédit (son interview en pages 46-47), ce « Social Business Plan » veut démontrer, à l’échelle d’une région, que les mots de business et de social ne sont pas incompatibles.

Théorisé par Muhammad Yunus, le social business est un modèle économique où l’entreprise ne cherche pas à maximiser ses profits, mais « à résoudre une problématique sociale ou environnementale ».

Sur le plateau du World Forum, McCain a montré comment le géant canadien de la frite avait aidé les paysans colombiens à se réapproprier leurs cultures. Et comment dans notre région, il lutte contre le gaspillage alimentaire et crée des opportunités d’emplois, en produisant une soupe, dans une micro-entreprise d’insertion, à partir des invendus des producteurs. C’est aussi Leroy Merlin, qui propose des cours de bricolage avec Emmaüs Solidarité ou participe à la réhabilitation de logements avec les Compagnons Bâtisseurs.

« Comme nous avons lancé la Troisième révolution industrielle, nous voulons que le Nord-Pas-de-Calais soit pilote en matière de social business », explique Philippe Vasseur, président du World Forum Lille. Pendant un an, 125personnes de 65organisations ont réfléchi à l’éclosion d’un écosystème du social business à l’échelle du territoire.

À la frontière de l’économique et du social, SoBizHub, puisque tel est son nom, veut faire émerger une véritable dynamique. Il faut sensibiliser et promouvoir l’innovation sociale. À travers des événements, des conférences, des rencontres. Les Trophées de l’économie responsable remis par le réseau Alliances auront cette année une catégorie social business. Un Club des co-créateurs doit faire se rencontrer entreprises et acteurs sociaux.

Plus ambitieux, ce nouveau modèle économique va faire son entrée à l’université. Une chaire social business va être pilotée par l’Université catholique de Lille. Ou comment apprendre à nos élèves de grandes écoles de management qu’une autre économie est possible. Enfin, un Cercle des financeurs engagés doit permettre l’accompagnement et le financement des projets les plus ambitieux.

La mécanique est prête. Dépassons les discours et entrons dans l’action. Rendez-vous dans un an pour un premier état des lieux.

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