Réseau Alliances

 

Merci à tous les intervenants qui se sont mobilisés :

 Guillaume Delbar, vice-président en charge de la rénovation urbaine, du logement, de l’innovation numérique et sociale, Hauts-de-France

-  Cécile Delivre , Déléguée Générale de la Fondation ÏdKids

-  Jean-Pierre Haemmerlein, Directeur de la Fondation Décathlon

-  Jean-Christophe Levassor, Directeur de la Condition Publique

-  Soufiane Iquioussen, Fondateur du Garage Solidaire du Hainaut

 

 

 Retour sur les échanges

 

Intervention de Guillaume Delbar, vice-président en charge de la rénovation urbaine, du logement, de l’innovation numérique et sociale, Hauts-de-France. Vice-présidence spécifique pour mettre en avant l’innovation sociale, incarnée par différents acteurs.

Quelques points importants sur l’innovation sociale :

-          Le numérique peut aider mais ne fait pas tout

-          La capacité d’expérimentation

-          Innovation sociale est tout sauf une mode. Capacité collective à trouver des solutions nouvelles. Regarder les choses différemment.

-          Quels sont les marqueurs ? Comment mesurer l’impact ?

-          Dispositif « Inspire » pour promouvoir les événements créatifs et les projets

-          Un enjeu majeur pour l’attractivité du territoire

L’Innovation sociale demande des ajustements, notamment dans la commande publique. Capacité à prendre des risques.

 

Interrogé sur les principales fragilités du territoire, Guillaume Delbar a mis en avant les points suivants :

-          Les problématiques de logement (ex Roubaix : maison à 1€)

-          La mobilité

-          La santé

-          L’intergénérationnel : faire le lien entre les générations, ne pas oublier les ainés

-          La formation : inventer des formations nouvelles (ex : codage avec Simplon, avec des publics mixés)

 

Dans l’innovation sociale, on n’est pas dans une logique de grande idée venue du haut mais d’expérimentation et de diffusion de l’innovation.

 

C’est la raison d’être de SoBizHub ! Créer des endroits de rencontres entre les acteurs pour favoriser les synergies et les échanges.

 

Intervention de Cécile Delivre – Déléguée Générale de la Fondation ÏdKids « Act for Kids ».

Objectif de la fondation : réconcilier l’économie et l’humain.

 

Les étapes du projet :

Fondation d’entreprise depuis 2007.  Au départ soutien plutôt financier autour de petite enfance.

2010-2011 : volonté d’impliquer collaborateurs, avec des actions plus locales.

2014 : volonté de pérenniser les projets, de transformer le caritatif en business social.

 

3 exemples :

 

- Love Maille avec l’association Amitié Partage, Phildar et les pouvoirs publics. Objectif : redonner confiance à des femmes. Layette tricotée main et vendue dans les boutiques Jacadi. Fort ancrage partenariat publics / privés. Le chiffre d’affaire va au chantier d’insertion. Co-création et expérimentation.

Sur ce projet, les acteurs ressentent de la confiance et la volonté de continuer, motivation et la volonté commune de réussir.

-         - Crèches Rigolo comme la vie. 1ère crèche en 2005. Un local à Roubaix. Au départ association financée par la Fondation. Objectif de créer du lien social avec une part des places pour les collaborateurs et une part aux enfants des quartiers. Une crèche avec enfants valides et enfants polyhandicapés. Aujourd’hui : 2800 enfants accueillis.

-          - Projet au Bangladesh : emploi et éducation pour les enfants des bidonvilles. Les fournisseurs donnent leur surplus, vendus aux ladies de la Grameen. La création de cette activité permet de développer la scolarisation des enfants. Dans un deuxième temps, création dispensaire avec un autre partenaire sur place, pour répondre aux enjeux d’hygiène et de santé.

 

Intervention de Jean-Pierre Haemmerlein – Directeur de la Fondation Décathlon.

Objectif de la fondation : rendre le sport accessible au plus grand nombre. Au départ, volonté de deux personnes dans l’entreprise.

 

Importance du sport dans l’équilibre de vie, puis accès à l’emploi. Ex : Maroc, vélo pour que les jeunes filles aillent à l’école, création d’un atelier, 3 personnes travaillent aujourd’hui chez Décathlon. 200000 bénéficiaires dans le monde.

Jean-Pierre a également été DRH groupe pendant 5 ans et s’est rendu compte que Décathlon travaillait uniquement pour les clients, manque de diversité dans le recrutement et mesure uniquement du quantitatif.

De retour à la fondation, deux projets nouveaux :

 

 

-       -    Monter des projets d’inclusive businessS’occuper des personnes qui ne sont pas encore clients chez Décathlon. .

     Pilote en Inde : immersion d’un an avec des collaborateurs. Ils avaient imaginé des shop-corner avec produits bleus, pour des femmes indiennes. Avaient imaginé créer une tong, produite sur place avec une partie amovible pour jouer au foot.

En immersion : pas d’eau courante, condition des femmes terrible, pas d’harmonie entre les castes, niveau d’éducation très bas.

Constat : le sport reste trop loin des préoccupations. Ont voulu arrêter, mais des femmes sont venues dire qu’avec le développement du sport, leurs maris pourraient taper dans un ballon plutôt que sur elles. Les tournois de sports sont aussi un moyen de réunir les castes et le sport à l’école favorise la concentration en cours.

Décathlon Inde lance un programme de sport dans toutes les écoles en Inde. D’abord les écoles autour des magasins. Vont pouvoir tester leurs produits, innover et détecter des talents.

-        -  Importance de mesurer l’impact. Projet pilote de mesure de l’impact social, environnemental et économique des magasins pour toutes les parties prenantes.

Pour Jean-Pierre Haemmerlein, il est indispensable de donner les moyens d’oser, que les collaborateurs se sentent en confiance. L’entreprise doit s’ouvrir à l’extérieur, regarder ce qui se passe ailleurs.

 

Echanges avec les participants :

-          Question de la mobilisation des collaborateurs en interne

Jean-Pierre Haemmerlein a toujours envie de convaincre tout le monde. Mais ça ne marche pas. Importance de commencer localement, petit, et avec des « complices ». S’appuyer sur le témoignage des complices. Prendre son temps, avoir beaucoup d’humilité. Toujours des projets collectifs. Sans les autres, on n’arrive à rien. Après, l’adhésion vient aussi des résultats.

 

 

Guillaume Delbar : dimension sociale dans l’ADN des grands groupes. Définition de nouvelles manières de travailler. Capacité de « pivoter ». Penser différemment. Son rôle : être facilitateur, être connecteur, faire travailler les gens ensemble et créer des événements nouveaux qui permettent de se rencontrer.

 

Cécile Delivre : important d’avoir des compétences différentes. Les gens sont prêts à donner du temps sur des projets précis et dans leurs compétences. Apprendre à travailler avec les parties prenantes. Importance de savoir s’adapter. Les gens ne vont pas acheter parce que c’est solidaire, mais pour la qualité.

 

-          Question du comment lancer ces actions et projets

Cécile Delivre met en avant le rôle de Réseau Alliances, les échanges avec les Fondations du Nord, et les nombreuses conférences. Pour Jean-Pierre Haemmerlein, il est indispensable d’avoir le soutien de la direction générale et de nouer des liens avec d’autres fondations.

 

-          Question sur les Contrats à Impact Social

Le financement n’était pas au cœur de la matinale, mais c’est une question importante. Sur ce sujet, voir le site du MOUVES et leur dossier d’information. A suivre, l’expérimentation menée avec La Sauvegarde.

 

-          Question de l’évaluation et des indicateurs

La Fondation Décathlon est accompagnée le cabinet Prophil sur la création de l’outil de mesure monté. A Bangalore : mesure du footprint de 5 magasins, avec par exemple, un impact économique des magasins faibles, mais un impact fort des playgrounds adossés aux magasins. Impact social très fort.

Cécile : formations sur la mesure d’impact, en partant des bénéficiaires, pour évaluer les réalisations et pas seulement les résultats.

Sophie : sans doute un sujet en 2017.

 

-          Question de la mesure de l’impact sur les collaborateurs

Pour Cécile Delivre, il s’agit essentiellement de témoignages. Il y a généralement une vraie implication. Cela joue aussi dans le recrutement : les jeunes ont envie d’intégrer des entreprises qui ont du sens.

 

Avant les échanges en petits groupes, deux acteurs du territoire ont présenté leur action et leur perception du rôle des entreprises dans l’innovation sociale.

 

Jean-Christophe Levassor – Directeur de la Condition Publique, Roubaix

Quartier de la Condition Publique : 7500 habitants, dont 42% en dessous du seuil extrême de pauvreté. Objectif de la Condition Publique : créer des évènements et être un pôle de développement économique avec des laboratoires.

 

Soufiane Iquioussen - Fondateur du Garage Solidaire du Hainaut

Services de réparation, entretien et vente à moindre coût et chantier d’insertion. Projet soutenu par beaucoup d’entreprises du territoire. Des réticences au départ mais ils ont réussi à les convaincre et aujourd’hui collaboration (fournisseurs et passerelles sur l’insertion). Partenariat Norauto : un partenariat parti du local, avec le magasin proche et devenu national. Expérimentation réussie et volonté d’expérimenter encore !

Les participants ont ensuite été répartis en groupes pour échanger directement avec les intervenants et Réseau Alliances. Des échanges concrets et directs pour mieux se connaître, créer des passerelles et amorcer de nouvelles dynamiques !